Biographie

 

    Hélène Boschi (1917-1990) appartient à la lignée des grands représentants de l'école française de piano, à la suite d'Alfred Cortot et d'Yvonne Lefébure (elle fut leur disciple).Tout au long de sa vie, elle mena parallèlement une double carrière de pédagogue et de concertiste.

    De 1960 à 1965, elle fut professeur à l'École Normale de Musique de Paris. Elle dirigea par la suite pendant vingt ans (1965-1985) l'une des classes supérieures de piano au Conservatoire National de Région de Strasbourg. Elle participa à maintes reprises, de1960 à 1976, aux Séminaires internationaux d'Été de Weimar. L'Université Paris XII - Orsay, la Maison Régionale de la Musique en Alsace la virent se consacrer passionnément à la formation des pianistes.

    En 1952, elle obtint le Grand Prix du disque pour son interprétation de sonates du Padre Antonio Soler, qu'elle fut la première à enregistrer, à une époque où la musique baroque n'avait pas l'audience qu'elle connaît aujourd'hui.

    Hélène Boschi a enregistré plus de trente disques, donnant des versions remarquables de quelques oeuvres majeures du répertoire (Bach, Sixième Partita; Mozart, Concerto pour piano et orchestre en mi bémol majeur, K 482; Schubert, Sonate en si bémol majeur, D 960). Mais si Bach, Mozart, Beethoven, Schubert et Schumann et Debussy étaient particulièrement chers à son cœur, elle n'a nullement négligé les compositeurs du XXe siècle, enregistrant notamment des oeuvres de Debussy, Satie, Dukas, Emmanuel, Bartók, Kodály, Janáček, Martinů ; elle interpréta en concert  des oeuvres de Jolivet et créa en 1952, à Paris, le Quaderno musicale di Annalibera de Dallapiccola.

    Sa carrière de soliste l'amena à se produire avec quelques-une des plus grandes formations (l'Orchestre National de France, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le Gewandhaus de Leipzig, l'Orchestre Radio-symphonique de Berlin, la Philharmonie tchèque, le Concertgebouw d'Amsterdam ...), conduites par des chefs tels que Georges Enesco, Antonio Janigro, Kyril Kondrachine, Jean Martinon, Kurt Masur, Václav Neuman, Manuel Rosenthal. Parmi ses partenaires en musique de chambre, on peut citer Armand Angster, Jean-Claude Bernède, Gérard Caussé, Michel Debost, Irène Joachim, Annie Jodry, Jean-Jacques Kantorow, Germaine Mounier, Etienne Péclard, Roland Pidoux, Jean-Pierre Rampal, Peter Rybar, Miloš Sádlo, Paul Tortelier.

    Une de ses dernières interprétations fut celle d'une oeuvre poignante, puissamment originale, de Joseph Haydn : Les sept dernières paroles du Christ. A cette occasion, elle réalisa un important travail musicologique; s'il avait en effet réalisé lui-même, quelques mois après la composition de l'œuvre originale pour orchestre, une transcription pour quatuor à cordes (aujourd'hui très souvent jouée), Haydn s'était borné à approuver la transcription anonyme pour clavier, publiée simultanément par le même éditeur viennois (Artaria, 1787). Désireuse de jouer l'œuvre, Hélène Boschi estima que cette transcription s'éloignait trop de l'original et était en même temps, bien souvent, mal adaptée à l'instrument. Aussi la remania-t-elle sensiblement, grâce à une confrontation minutieuse avec l'œuvre originale. C'est cette version, à la fois plus fidèle et plus "pianistique", qu'elle interpréta plusieurs fois en concert, à Strasbourg et à Paris.